Vitamine C : Protection contre radiations

La vitamine C est connue pour ses propriétés de renforcement immunitaire. En fait, ce micronutriment hydrosoluble joue un rôle essentiel dans le maintien de la vie. Notre corps s’écroulerait tout simplement sans elle. La vitamine C aide à maintenir l’intégrité de notre système squelettique, elle est nécessaire pour la croissance et la réparation des tissus conjonctifs et c’est un cofacteur pour la biosynthèse du collagène et d’autres réactions métaboliques importantes. Elle aide également dans la prévention et le traitement de nombreuses infections et maladies chroniques, y compris l’arthrite, les maladies cardiovasculaires, les troubles dégénératifs oculaires, le vieillissement prématuré et le cancer.

La vitamine C est un puissant antioxydant et ses propriétés bénéfiques pour la santé viennent de sa puissante capacité à combattre et neutraliser les radicaux libres – des espèces d’oxygène hautement réactives qui peuvent causer des dommages oxydatifs excessifs à l’ADN, aux membranes cellulaires et autres structures délicates. Et cette propriété rend la vitamine C indispensable quand il s’agit de minimiser les effets secondaires dangereux des radiations ioniques, du genre de celles émises à Fukushima et à l’occasion d’autres catastrophes nucléaires.

Comment les radiations ionisantes endommagent les cellules

Lorsque les matières radioactives se désintègrent, elles libèrent des rayonnements à haute fréquence dans l’environnement. Ces radiations sont essentiellement des particules d’énergie à déplacement rapide – particules alpha, rayons gamma et particules bêta – qui s’écrasent dans une cellule vivante avec une force suffisamment élevée pour faire tomber les électrons libres des molécules de la cellule. Cela entraîne la formation de radicaux libres hautement réactifs et leurs métabolites perturbent davantage les liaisons chimiques entre les molécules environnantes comme les protéines, l’ADN, les lipides et les hydrates de carbone – et endommageant leurs structures fragiles et affectent leur capacité à fonctionner normalement.

La forme la plus grave d’endommagement par irradiation se produit lorsque l’ADN est endommagé. Les radiations ionisantes ont des conséquences sur l’ADN cellulaire de deux manières principales :

1. L’eau dans notre corps arrive à absorber la plupart des radiations et s’ionise dans le processus, en formant facilement des radicaux libres et métabolites. Près de 80% des dommages à l’ADN induits par irradiation résultent de ce mécanisme.

2. Les radiations peuvent également entrer en collision directement avec les molécules de l’ADN, les ionisant et les blessant directement.

L’ADN contient des gènes qui contiennent des informations génétiques uniques ou des instructions pour fabriquer de nouvelles cellules. Une molécule d’ADN est constituée de deux longs brins qui s’enroulent l’un autour de l’autre comme une échelle torsadée et sont maintenus par des sous-unités chimiques. Les radiations ionisantes provoquent des cassures de brins dans l’ADN [1]. Notre corps peut facilement réparer les cassures à simple brin (où un seul un des deux brins a été coupé) en employant des enzymes de réparation d’ADN spécialisées. D’autre part, la correction des ruptures à double brin (où les deux brins d’ADN sont lésés) est difficile et compliquée, et peut entraîner un ré-assemblage erroné des extrémités brisées.

Ce genre d’erreur dans la réparation de l’ADN peut provoquer des mutations. Ce changement dans la structure des processus cellulaires normaux altère l’ADN, y compris les mécanismes qui dictent comment et quand les cellules se divisent. Une telle mauvaise direction conduit à une division cellulaire incontrôlable provoquant le cancer et des anomalies chromosomiques qui peuvent même être transmises d’une génération à l’autre. Avec des dommages significatifs à l’ADN, il perd même la capacité de se répliquer davantage et les cellules meurent.

Il est prouvé que les radiations ionisantes peuvent endommager l’ADN, entraînant de nombreux types de cancers et des mutations héréditaires. En résumé, les risques sanitaires liés à l’accident nucléaire de Fukushima incluent un risque accru de cancer de la thyroïde, d’autres types de cancers solides, de maladies héréditaires, de problèmes de fertilité, de déficience immunitaire, de malformations congénitales et de maladies cardiovasculaires.

En outre, une faible exposition aux radiations ionisantes produit d’autres dommages biologiques en plus de causer un cancer latent. En fait, on pense que les radiations chroniques de bas niveau exercent un impact beaucoup plus long sur la population exposée que les doses courtes et élevées. Les radiations ionisantes peuvent provoquer des mutations génétiques héréditaires qui peuvent être exprimées dans la progéniture des organismes exposés, qu’il s’agisse de plantes, d’animaux ou d’êtres humains. Bien que ces mutations génétiques entraînent des anomalies majeures chez la génération suivante et soient facilement perceptibles, il est également possible que certaines mutations héritées ne se manifestent que sous la forme d’effets subtils ou aient des incidences qui n’apparaissent que bien plus tard.

De plus, les cellules proches d’une cellule exposée peuvent également être impactées. Les scientifiques l’expliquent comme un phénomène d’effet de spectateur. Les cellules qui ont été irradiées ont un impact sur les cellules saines environnantes en transmettant des signaux et finissent par générer le même type de réponses dans les cellules non irradiées qui entraînent une expression génique, une prolifération cellulaire, une apoptose et une mort des cellules défectueuses. « Les facteurs importants les plus connus affectant l’effet de spectateur induit par les radiations comprennent les radicaux libres, les facteurs du système immunitaire, les changements d’expression de certains gènes impliqués dans la voie de l’inflammation et les facteurs épigénétiques. » [2]

Ce qui mérite également qu’on y porte attention, c’est l’impact des radiations sur l’immunité. Les radiations ionisantes causent des dommages mortels aux cellules souches de la moelle osseuse, aux lymphocytes et aux cellules tueuses naturelles. Ces globules blancs sont responsables, de façon importante, de notre immunité innée et adaptative – protégeant notre corps contre les infections opportunistes et les maladies, y compris le cancer. Oui, nos cellules immunitaires ont la capacité de combattre les cellules cancéreuses mais, clairement, les dommages causés à ces cellules de combat ne sont susceptibles que de les rendre plus faibles face au cancer et aux pathologies opportunistes.

Les autorités gouvernementales et les experts de la santé dans le monde entier peuvent essayer de nous assurer que les risques de radiations de Fukushima sont surestimés. Mais nous avons tiré les leçons des études sur les survivants des catastrophes nucléaires à Tchernobyl, à Hiroshima et à Nagasaki. Et les données soulignent que les radiations en cours ont en effet des conséquences importantes pour nous ainsi que pour l’ensemble de notre écosystème biologique, mettant ainsi en péril la santé des générations présentes et futures. Les risques potentiels sont beaucoup plus élevés pour les enfants en bas âge et les femmes enceintes car les radiations ont le plus d’impact sur les cellules qui se reproduisent rapidement dans leur corps, ce qui les rend plus vulnérables aux effets secondaires toxiques.

Ce qui est troublant, c’est que le site de la catastrophe nucléaire de Fukushima est toujours une source de radionucléides toxiques qui pénètrent dans l’eau de mer adjacente, ce qui aggrave la situation. Une étude de l’Institut océanographique de Woods Hole montre que la radiation de Fukushima se fraye un chemin le long de la côte ouest américaine. « Les scientifiques qui surveillent la propagation des radiations dans l’océan suite à l’accident nucléaire de Fukushima rapportent avoir trouvé un nombre croissant de sites au large de la côte ouest des Etats-Unis montrant des signes de contamination provenant de Fukushima. Cela inclut le niveau le plus élevé détecté à ce jour d’un échantillon prélevé à environ 1 600 milles à l’ouest de San Francisco. »[3]

Pouvons-nous faire quelque chose pour annuler les effets nocifs à court et à long terme de ces radiations? Heureusement, les antioxydants, également appelés piégeurs de radicaux libres, peuvent détruire les radicaux libres et minimiser la toxicité induite par la radiation. Et la vitamine C arrive clairement en tête.

Le rôle de la vitamine C : piégeur de radicaux libres

La vitamine C est un antioxydant populaire connu pour sa puissante capacité à éponger les radicaux libres nocifs, même ceux créés par l’exposition aux radiations. De nombreuses études scientifiques démontrent le rôle protecteur de fortes doses de vitamine C dans la prévention des dommages cellulaires induits par les radiations. Si bien qu’un grand nombre de recherches soulignent en fait que la vitamine C peut effectivement inverser les dommages à l’ADN causés par les radiations ionisantes.

– Une étude réalisée en 2011 par le Dr Atsuo Yanagisawa et son équipe

a montré que les travailleurs de Fukushima qui prenaient de la vitamine C à haute dose avant de nettoyer les débris radioactifs étaient protégés contre les dommages à l’ADN et le risque global de cancer.

«Les travailleurs exposés à de fortes radiations à la centrale nucléaire de Fukushima avaient une réduction importante du risque de cancer lorsqu’ils étaient supplémentés en vitamine C et en d’autres nutriments antioxydants …. Quatre travailleurs qui ont pris une thérapie intraveineuse de vitamine C (25 000 mg) avant d’y entrer, et continuellement pris des suppléments antioxydants pendant la période de travail, n’avaient aucun changement significatif dans l’ADN libre et concernant leur risque global de cancer. On a calculé pour les trois travailleurs qui n’avaient pas pris de vitamine C en intraveineuse préventive une augmentation du risque de cancer. Après 2 mois d’intervention avec de la vitamine C par voie intraveineuse et des suppléments nutritionnels antioxydants par voie orale, l’ADN libre est revenu à un niveau normal et le risque de cancer a diminué de manière significative. »[4]

Cette preuve clinique significative confirme le résultat d’une étude de 1993 qui montrait que la vitamine C peut jouer un rôle important comme radioprotection contre les expositions accidentelles ou médicales, en particulier lorsque les radionucléides sont incorporés dans le corps et ont une dose de façon chronique. [5]

– Les résultats d’une étude de 2004 [6] :

ont montré que l’administration d’acide ascorbique protégeait les souris des maladies induites par les radiations, de la mortalité et de la cicatrisation des plaies après exposition au rayonnement gamma de l’ensemble du corps – nouvelle preuve de la nature radio-protectrice de la vitamine C.

L’insuffisance médullaire est considérée comme l’une des complications les plus fréquentes après une exposition aiguë aux radiations, provoquant une pancytopénie sévère – une perte considérable de globules blancs, de globules rouges et de plaquettes. La réduction de toutes ces cellules sanguines entraîne un dysfonctionnement immunitaire mortel. Alors que la greffe de moelle osseuse (BMT) ou la greffe de cellules souches sont significativement utiles pour sauver les patients de l’insuffisance médullaire causée par les radiations, la maladie est suivie d’une autre complication grave – le syndrome gastro-intestinal (GI) radio-induit.

– Une étude de 2010 [7] :

a montré que le traitement à l’acide ascorbique peut efficacement contrecarrer le syndrome GI causé par une exposition aiguë aux radiations. Le document d’étude explique que «l’acide ascorbique agit comme un donneur d’hydrogène pour piéger les radicaux libres induits par la radiation à la fois dans le tractus gastro-intestinal et la moelle osseuse. L’apport d’hydrogène est une étape importante vers la réparation chimique de l’ADN endommagé, et on pense que l’acide ascorbique contribue fortement à ce processus. »

– Récemment, une équipe de chercheurs :

a étudié les effets de l’administration d’acide ascorbique sur la survie des souris après qu’elles aient reçu une irradiation du corps entier. Les résultats de cette étude de 2015 [8] publiés dans PLoS One ont conclu que «l’administration d’acide ascorbique à forte dose pourrait réduire la létalité des radiations chez les souris, même après l’exposition».

La science discute en outre qu’après l’exposition aux radiations, les espèces d’oxygène réactives secondaires et les cytokines inflammatoires soient libérées. Ceci explique pourquoi une radiothérapie post-radiothérapie avec de l’acide ascorbique peut être avantageuse car elle réduit « l’élévation induite par la radiation des cytokines inflammatoires et aussi l’élévation des métabolites radicaux libres ».

Qu’est ce que recommandent les experts? Dans la déclaration de « Radioactivité environnementale et santé » publiée en 2011, le Collège japonais de thérapie intraveineuse (JCIT) a fortement recommandé que :

« les personnes vivant dans les zones touchées prennent régulièrement des suppléments antioxydants tels que la vitamine C pour contrecarrer les conséquences négatives de exposition à de faibles doses de radiation à long terme ainsi que pour protéger la santé des générations à venir. »

Vitamine C et cancer

Ce qui rend la thérapie à la vitamine C encore plus utile, c’est qu’elle prend également en charge les fonctions du système immunitaire, travaillant ainsi avec la capacité inhérente du corps à combattre les cellules cancéreuses. Une étude publiée dans le Journal of Angiogenesis Research a montré que de fortes doses de vitamine C restreignent la formation des vaisseaux sanguins qui servent à transporter le flux sanguin et les nutriments vers le site tumoral nécessaire à sa croissance et sa prolifération [9].

En outre, la vitamine C intraveineuse améliore la qualité de vie des patients atteints de cancer en réduisant la gravité des effets secondaires dévastateurs qui accompagnent généralement le traitement conventionnel du cancer comme la chimiothérapie et la radiothérapie [10].

Références

  1. Scholes, G. (1983) Radiation effects on DNA. The Silvanus Thompson Memorial Lecture, April 1982. Br. J. Radiol. 56: 221–231.
  2. Najafi eat al. The Mechanisms of Radiation-Induced Bystander Effect. J Biomed Phys Eng. 2014
  3. Woods Hole Oceanographic Institution. Higher Levels of Fukushima Cesium Detected Offshore. 2015
  4. Yanagisawa A. Orthomolecular approaches against radiation exposure. Presentation Orthomolecular Medicine Today Conference. Toronto 2011 http://www.doctoryourself.com/Radiation_VitC.pptx.pdf )
  5. Narra VR, Howell RW, Sastry KS, Rao DV. Vitamin C as a radioprotector against iodine-131 in vivo. J Nucl Med 1993; 34(4):637-40
  6. Jagetia GC, Rajanikant GK, Baliga MS, Rao KV, Kumar P.Augmentation of wound healing by ascorbic acid treatment in mice exposed to gamma-radiation. Int J Radiat Biol. 2004
  7. Pretreatment with Ascorbic Acid Prevents Lethal Gastrointestinal Syndrome in Mice Receiving a Massive Amount of RadiationJ. Radiat. Res., 51, 145–156 (2010)
  8. Tomohito Sato et al. Treatment of Irradiated Mice with High-Dose Ascorbic Acid Reduced Lethality. PLoS One. 2015; 10(2): e0117020.
  9. Nina A Mikirova,Joseph J Casciari,and Neil H Riordan. Ascorbate inhibition of angiogenesis in aortic rings ex vivo and subcutaneous Matrigel plugs in vivo. Journal of Angiogenesis Research. 2010; 2: 2.
  10. Anitra C. Carr, Margreet C. M. Vissers, and John S. Cook. The Effect of Intravenous Vitamin C on Cancer- and Chemotherapy-Related Fatigue and Quality of Life. Frontiers in Oncology. 2014; 4: 283.